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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 17:01

 

 

Mon cher ami,

 

Les temps changent, mon cousin, et pour la première fois de mémoire de villageois, nous dûmes hier franchir un poste de guet confié à la garde des sergents de ville avant d’accéder à la grande galerie des fêtes où notre bourgmestre nous avait conviés pour ses traditionnels vœux de nouvel an.

 

La barbarie que répandent les sicaires du prophète depuis plus de deux ans sur notre continent et plus précisément sur nos terres nationales en raison évidente de nos racines chrétiennes solides et anciennes de plus de quinze siècles était la cause d’une telle précaution sécuritaire à l’égard de nos concitoyens. Notre premier édile entama d’ailleurs sa harangue en rappelant l’état de belligérance dans lequel nous devons vivre, sous la menace permanente des Sarazins disciples du troisième Calife, et ce jusqu’à leur totale éradication. Il présenta aussi en notre nom un hommage collectif aux victimes des violences aveugles de ces égorgeurs, mercenaires de la Charia universelle.

 

Après une émouvante minute de silence en leur honneur, l’assemblée entonna d’une seule voix puis applaudit à tout rompre le chant de guerre de l’armée du Rhin si cher à nos consciences.

 

L’année qui vient sera, nous a-t-il été dit, placée sous le signe des progrès de la science dite de l’information et de la communication. Tout un chacun dans le village pourra désormais utiliser ces étranges appareils munis d’un panneau lumineux et d’un pupitre, parfois irréel, qui autorisent où que l’on se trouve et instantanément la consultation d’une multitude de données et l’accès à des applications en tous genres et domaines. Nous voici donc désormais plongés dans le bouleversement digital qui dominera ce siècle et permettra, souhaitons-le, de bâtir une société de la connaissance ! Quelle initiative intelligente de la part de nos élus !

 

Nous apprîmes également hier par notre premier magistrat qu’un certain nombre des projets qui lui valurent son élection triomphale il y a trois ans sont enfin mûrs pour entrer en phase de réalisation. Il en est ainsi :

  • - D’une attention particulière apportée aux jeunes de notre village par le transfert de l’espace-jeunes de la MJC au centre du village dans les locaux de l’ancienne médiathèque et par l’implantation d’une nouvelle MJC en un édifice et un lieu plus appropriés.
  • - De l'aménagement de logements sociaux "municipaux " dans les étages supérieurs du même bâtiment, ceux-ci s’ajoutant à quelques autres programmes mixtes autorisés, comme promis, à un rythme mesuré et maitrisé.
  • - De l’ouverture d’une mini-crèche dans un des locaux de la rue Chappard que l’ancienne municipalité destinait au commerce local sans voir qu’elle les avait conçus totalement inadaptés à cet usage.
  • - De l’implantation dans la zone de la gare de la Bibliothèque Départementale, d’une Maison du Rhône et du siège d’un important groupe d’entreprises, générant ainsi cent cinquante emplois nouveaux sur le site.
  • - De la poursuite du programme d’implantations d’appareils de surveillance visuelle des espaces publics destinés à lutter contre les effractions domiciliaires dont notre département est hélas un recordman, comme diraient nos cousins d’outre-manche. Nous avons bien besoin d’une sécurité améliorée si l’on en juge par le nombre de larcins de ce type enregistrés récemment.

 

Une ombre au tableau toutefois : Il semble qu’à mots à peine couverts on nous ait annoncé l’abandon du projet de contournement routier de notre village qui nous était annoncé depuis plus de trente années. Cette reculade est fort regrettable, d’autant que le discours évoquant la recherche de solutions alternatives permettant de dévier du centre bourg la circulation des véhicules automobiles est demeuré empreint d’une gène évidente et de la plus opaque nébulosité. L’abandon de cet espoir pourrait faire durablement tache dans le mandat de notre bourgmestre.

 

Que ce dernier regret, mon cousin, n’entame pas le soutien que vous apportez régulièrement à la nouvelle gouvernance de notre village. Le bilan à mi-mandat apparaît largement favorable à nos élus et l’on ne connaît pas, comme cela fut le cas dans un passé récent, de grogne et de mouvements de foule hostiles au maître de l’hôtel de ville et à ses conseillers tout dévoués au service de nos concitoyens.

 

Dans l’attente de vous lire à nouveau, je vous embrasse et demeure

 

Votre

 

François Marie

 

 

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 16:49

 

Mon cher ami,

 

Pour la seconde fois depuis son accession à l’hôtel de ville, notre premier magistrat priait il y a quelques jours nos concitoyens en la grande galerie des fêtes aux fins de leur présenter, suivant en cela une ancestrale tradition, ses vœux de nouvel an. La douceur inhabituelle de cet hiver quasi-printanier me permit grâce à Dieu de répondre favorablement à cette invitation.

 

Ce changement de millésime apparaît bienvenu car nous savons bien que l’année qui vient de s’achever ne demeurera pas dans les mémoires comme l’une des plus fastes qu’ait connu notre cher et vieux pays. Les exactions meurtrières des sicaires de Saladin jusque sur notre sanctuaire national s’inscrivent en effet comme les prémices d’un grand et satanique dessein visant à éradiquer de notre continent ses traditions, sa culture et ses racines chrétiennes. Il faudra bien qu’un jour nous nous révoltions contre ce plan machiavélique, au risque sinon de disparaître, comme les amérindiens chassés et anéantis du nouveau monde par les immigrants du May-Flower. Lorsque nos dirigeants, d’un bord comme de l’autre, auront enfin compris que le danger vient non pas tant de la progression de telles ou telles idées ou de tel ou tel parti, fussent-ils critiquables au strict plan de la démocratie, mais bien de l’expansionnisme  mondial forcené  des mahométans fondamentalistes qui utilisent la misère des migrants comme cheval de Troie, peut être songeront-ils alors à combattre l’ennemi autrement que par des harangues et gesticulations publiques destinées à leurrer le bon peuple mais dépourvues de suites dans leurs actes.

 

Devant une assistance encore plus nombreuse qu’il y a un an, notre édile entama son discours par une introduction fort louable consacrée à l’éloge de la jeunesse ; non pas la jeunesse oisive et délinquante prompte à renier son appartenance à la nation pour embrasser la cause des mameluks fanatiques, mais bien celle qui étudie, celle qui travaille avec le goût de l’effort, celle qui s’engage sous quelque forme que ce soit au service du bien public et qui porte hautes et fières les trois couleurs de France. C’est au demeurant avec une ferveur particulière que la salle comble entonna puis applaudit à tout rompre le chant de guerre de l’armée du Rhin que les volontaires marseillais ont consacré au rang d’hymne national en 1792. Nous étions loin du silence lourd de mépris des joueurs de balle au pied de notre équipe nationale, quand ce n’est pas de leurs crachats.

 

Le jeune Damien nous tint ensuite informés du travail accompli depuis un an et demi par lui même et ses collaborateurs ainsi que des projets en cours de réalisation. Tout était concret et pragmatique, loin des élucubrations angéliques et doctrinaires développées jadis par son prédécesseur. Point de projets africains ou autres, mais des réalisations locales dans l’intérêt des villageois ; point de monument pharaonique auto-glorifiant mais des réalisations concrètes et utiles pour le confort et la sécurité des Chaponois, sans accroître la pression fiscale  déjà considérablement alourdie par le poids du passé. 

 

L’équipe municipale, élus comme agents, fit preuve d’un réel talent de communication, mêlant reportages d’images animées, interventions oratoires, brève remise de médaille et discussions techniques avec un esprit de synthèse et de concision de bon aloi, rompant ainsi avec les interminables cérémonies dignes des dictatures sud-américaines auxquelles nous avaient habitués les deux prédécesseurs.

 

On notera également que Monsieur le Maire associa dans ses remerciements en les désignant nommément, fait nouveau et bien mérité, les différents artisans de notre village qui ont participé à la confection des abondantes victuailles garnissant les buffets consacrés aux agapes offertes à l’assemblée par l’hôtel de ville.

 

Voilà me semble-t-il, mon cher ami, qui confirme la justesse du choix que nous avons opéré dans les urnes il y a près de deux ans.

 

Dans l’attente de vos prochaines publications, je vous serre dans mes bras et demeure

 

Votre

 

François Marie

 

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 11:32

 

 

Mon cher ami,

 

Vous me voyez fort mari de ne point avoir reçu depuis longtemps de nouvelle édition de votre gazette qui me ravit le cœur en même temps qu'elle m'instruit sur les événements qui jalonnent l'actualité de notre cher village. Je sais bien que depuis l'accession de votre champion à l'hôtel de ville il vous est plus délicat d'exercer l'art du commentaire acide dans lequel vous excellez tant.

 

Il me semble néanmoins que certains sujets traités dans les hauts ministères et qui auront à n'en pas douter de sérieuses conséquences sur le sort de la jeunesse de nos cités et donc de notre village mériteraient que l'on s'y arrêtât. Il en va ainsi, me semble-t-il, des modifications fondamentales apportées par les tenants de la rose et du poing aux structures comme aux contenus de l'apprentissage de la vie que nous tentons depuis si longtemps d'inculquer à notre postérité.

 

Non contente d'avoir chaussé les basques de son prédécesseur qui avait déjà fomenté une contestable révolution sur la durée et les horaires de classe pratiqués dans les écoles, à charge de surcroît pour les édiles locaux d'en financer les lourdes conséquences sans l'aide du moindre subside en provenance du trésor central de l'hôtel de Bercy, j'apprends que la nouvelle ministre de l'instruction publique se prépare à amplifier le séisme par un nouveau projet de réforme. 

 

Il ne s'agit point là d'une réforme de nature religieuse comme celle prônée en son temps par monsieur Martin Luther et ses disciples genevois ... Encore que ... Non, il s'agit cette fois de figer à son point le plus bas le niveau d'instruction des élèves des lycées et sans doute bientôt des étudiants de nos universités et de combattre ainsi la culture de l'élite qui a mené jadis le royaume aux places les plus brillantes du concert des nations. Derrière son perpétuel sourire et son joli minois, notre Schéhérazade chérifienne dissimule une absolue et ferme volonté de saper les fondements et détruire jusqu'aux derniers vestiges des structures traditionnelles des enseignements du monde occidental. 

 

Dussent Platon, Aristote, Homère ou Xenophon, et plus prés de nous Sénèque, Tacite, Caton, Ovide, Pline l'ancien comme le jeune, Horace ou Ciceron se retourner dans leurs tombes, l'enseignement des lettres anciennes, qu'elles soient grecques ou latines, sera désormais proscrit. Ainsi ne pourrons-nous plus faire usage des termes désormais prohibés d'hellénistes ou de latinistes "distingués", locutions s'il en étaient  qui ne pouvaient qu'heurter le naturel angélisme des égalitaristes de l'hôtel de Solférino en ce qu'elles consacraient une insupportable et fort condamnable discrimination au détriment des cancres incultes et que l'on se devait par conséquent et par principe d'éradiquer.

 

On supprimera ensuite l'apprentissage chronologique de l'histoire du royaume, jetant au passage dans les oubliettes de la saine et unique pensée certains épisodes par trop contradictoires avec l'idéologie de rigueur, en particulier avec le sacro-saint  principe de laïcité. Bien au rebours, on amplifiera l'enseignement de la religion du prophète ; il n'est  en effet aucune raison de ne pas mettre celle-ci sur un pied d'égalité avec la séculaire foi catholique et romaine qui a sacré nos rois, bâti sur notre sol depuis plus de dix siècles nombre de cathédrales et fait de la France la fille aînée de l'Eglise. D'autres vils opposants pourraient même oser évoquer, au risque de se voir vilipendés comme d'odieux réactionnaires, les racines chrétiennes du pays.

 

Que nous réserve-t-on encore dans le cadre de cette œuvre destructrice ? Serions-nous surpris par exemple si les origines mauresques de notre ministre la poussaient à rendre obligatoire l'apprentissage de la langue des sarrazins au prétexte que celle-ci serait de nos jours plus utile en périphérie de nos cités que le latin ou le grec ancien ? 

 

Il est toutefois une incidence de sa conduite que l'étoile montante du cabinet ne semble pas avoir entrevu  : il est fort possible, voire probable, que ses projets précipitent les enfants, du moins ceux dont les parents n'ont pas encore été ruinés par la taille et la gabelle si lourdement prélevées dans leurs cassettes par les intendants des finances, vers les coûteuses écoles privées ou les collèges confessionnels dirigés par les disciples d'Ignace de Loyola, les minimes et autres frères des écoles qui de tous temps ont consacré avec le succès que l'on sait leur mission à l'éclosion et à l'épanouissement des élites intellectuelles. Cela ne risque-t-il pas d'amplifier encore les inégalités si ardemment combattues par les utopistes et de produire le résultat inverse de l'effet recherché ?

 

Vous connaissant bien et depuis si longtemps, je ne doute pas que vous partagerez mon opinion sur le sujet.

 

Je n'en demeure que plus fidèlement

 

Votre

 

François Marie

 

 

 

 

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 15:25

 

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Mon cher ami,

 

Imaginerez-vous en quel état de liesse me laisse la nouvelle que me délivra ce matin le cocher de la malle-poste de Lyon ?

 

Jamais gazette ne justifia son titre avec autant d’opportunité !

 

Ainsi vous avez triomphé ! Vous et vos amis avez réussi à entraîner dans votre sillage une importante majorité de villageois et à les convaincre de déposer dans l'urne un bulletin manifestant si fort et si clairement le rejet que suscitait depuis plusieurs années la conduite des affaires de la cité par le représentant de l'idéologie égalitariste prônée par les partisans de la rose et du poing ! Deux citoyens sur trois ! Alors même que la proportion de ceux qui, en âge d'exprimer l'opinion du peuple, boudèrent les isoloirs se montra exemplaire au regard de ce qui fut constaté dans le reste du royaume !   Quelle apothéose pour les opposants que réussit à fédérer contre vents et marées votre champion autour de sa candidature à la présidence des échevins !

 

Vous me dites que le malheureux perdant ne se montra pas des plus honnête et conciliant dans les discours qu'il tint autant le soir de la proclamation des résultats de la votation, ce qui, en soi, aurait pu aisément se comprendre tant l'émotion provoquée par la révélation d'une défaite qu'il n'attendait pas pouvait le conduire, sous l'empire de la déception, à des excès de langage, qu'aussi bien le lendemain dans un billet électronique qu’il posta, puis encore quelques jours plus tard, alors que le traumatisme aurait dû être retombé, lors de la transmission des pouvoirs à son vainqueur. Là, sa conduite fut dès lors beaucoup plus blâmable pour un individu qui se prétend, à tout le moins lorsque cela sert ses desseins, respectueux du verdict du peuple.

 

Je ne suis pas surpris d'une telle attitude. Rappelez-vous avec quel dédain il traita ses concitoyens qui eurent l'outrecuidance de manifester une opinion divergente de la sienne, y compris par des moyens exceptionnels si inhabituels dans nos contrées, comme les missives collectives qui rassemblèrent à deux reprises de très nombreux signataires ou bien le défilé de protestation qui réunit dans la rue plus d'un villageois sur dix il y a à peine plus d'un an. Un tel mépris de l'opinion populaire ne pouvait que le conduire à une attitude de déni vis à vis d'un résultat qui consacre son désaveu de façon aussi éclatante.

 

L'ancien prévost, me dites-vous, feignit avec aigreur de s'étonner que vous lui tendîtes la main alors que vous l'aviez tantôt qualifié de despote ? Si je puis me permettre, rappelez- lui à l'occasion qu'il exista au siècle des lumières une forme de despotisme, dit éclairé, exercé par des monarques de droit divin dont les décisions étaient guidées par la raison, cela ne me semble pas être son cas si j'en juge par son obstination à réaliser envers et contre tout une œuvre presqu’unanimement rejetée.

 

Son grand argentier vous fit également grief, me confiez-vous aussi, de par trop pousser au delà des limites communément admises votre style pamphlétaire teinté de dérision et votre esprit railleur confinant au sarcasme ? Laissez-le ressasser par-devers lui l'amertume de la défaite, les centaines de lecteurs assidus de vos billets sont là en tant que de besoin pour infirmer sa réprobation.

 

Me conterez-vous par le menu dans les prochaines éditions de votre gazette les premiers pas du nouveau prévost des marchands qui, pour avoir certes accompli l'exploit de bouter les égalitaristes hors l'hôtel de ville, n'en paraît pas moins novice et ingénu dans l'exercice de ses nouvelles fonctions ?

 

Je compte sur vous et, dans cette attente,

 je vous serre contre mon cœur

 et demeure votre

 

François Marie

 

 

 

 

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 18:00

 

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Mon cher ami,

 

On me rapporte que mon cher pays de Gex, si proche de l'helvétie voisine, fut à l'honneur hier soir en préambule aux agapes qu'offrit comme chaque année à pareille époque notre premier magistrat au bon peuple de notre village pour la présentation de ses vœux de nouvel-an.

  

Ainsi, monsieur Menard aurait-il entretenu dans la cité de Calvin un cousinage proche dont l'un des membres lui eût tantôt fait tenir une missive qui relatait un récent déplacement dans l'ouest lyonnais  et dont il fut donné lecture à l'assistance nombreuse réunie dans la grande galerie des festivités de l'hôtel de ville ? L'auteur y aurait amèrement regretté, a-t-il été dit, de n'avoir pu visiter son cher parent qui, à la tête d'une délégation largement garnie de nos concitoyens, sans doute mise au moins pour partie à la charge des subsides provenant de la taille et de la gabelle puisées dans nos hauts-de-chausse, s'en était allé explorer de lointaines contrées de l'Afrique équatoriale où vivent des indigènes dont le sort quotidien importe à notre édile beaucoup plus que celui de la population des contreforts des monts du Lyonnais. Au demeurant, cette passion personnelle pour les terres de mission historiques des pères blancs des Cartières ne date pas d'hier et l'on nous en rebat les yeux et les oreilles depuis bientôt six années à grands renforts de marchés exotiques et autres vents du monde fort consommateurs de subventions publiques.

 

Las ! L'orateur reconnut lui même que l’épître était apocryphe et qu'il s'était autorisé, citant votre exemple, votre nom et votre sobriquet, à vous emprunter, à vous son plus fieffé contradicteur, un procédé littéraire satirique que vous manipulez depuis fort longtemps avec art, subtilité et finesse. Le discours n'était donc qu'un subterfuge permettant au tribun d'assurer un temps de parole décent tout en ne disant rien mais en laissant entendre qu'il aurait pu dire beaucoup si le règlement contraignant de la prochaine consultation électorale n'exigeait des candidats sortants qu'ils s'abstiennent de par trop fanfaronner dans ce type de circonstance sur leur bilan ou leur programme.

 

N'eut été cet aveu qui, sage précaution, dédouane son auteur d'une infamante accusation délictueuse de plagiat, nous aurions presque pu  croire à l'existence de ce cousin genevois tant nous sommes habitués à découvrir les liens que nouent fréquemment outre Léman ses amis partisans de la rose et du poing, et non des moindres, avec nos voisins helvétes surtout lorsque ceux-ci sont chargés d’abriter discrètement dans les coffres secrets de leurs établissements de change le contenu souvent inavouable de bagues emplies de liasses d'assignats qu'ils souhaitent soustraire à la vigilante attention des intendants des finances du royaume. Au retour de leurs suspectes équipées  ils protestent le cas échéant effrontément, "les yeux dans les yeux", de ce qu'ils sont blancs comme les neiges du Saint Gothard et se drapent dans les oripeaux de l’innocence outragée dès lors que l’on jette le moindre discrédit sur la véracité de leurs affirmations.

 

Nous retiendrons donc, si vous le voulez bien, que pour les derniers vœux qu’il aura adressés à la population, notre magistrat ne dévoila rien qui justifiât qu'on le transmît à la postérité, si ce n'est qu'il salua votre talent à sa juste mesure en délivrant ce qui ne fut toutefois, aux dires de nombre de participants, qu'une pâle imitation de vos fourbes publications.

 

À l'heure de conclure ce billet, Il me vient une pensée aussi invraisemblable que terrifiante ; S'il advenait par malheur dans deux mois et demi que les urnes, ce qu'à Dieu ne plaise, reconduisent le candidat sortant pour un second mandat, il se pourrait fort bien, tant celui-ci semble vous apprécier au point de vous singer, même maladroitement, et tant il vous fit honneur et compliments devant la foule rassemblée, que vous soyez l'an prochain le récipiendaire tout désigné de la médaille de la ville qui, pour la première fois, serait attribuée à un lauréat qui ne serait pas estampillé au sceau de la gauche orthodoxe si chère à notre premier édile.

 

Je me languis déjà des nouvelles que vous ne manquerez pas de m’apporter prochainement par le truchement de votre gazette sur les développements du duel à fleurets à peine mouchetés qui oppose un élu qui fait désormais figure de « a été », comme disent si bien nos voisins d’outre Manche à ce jeune prétendant surgi d’on ne sait où mais qui entreprit avec courage et succès de fédérer les nombreuses opinions contraires aux actions de son adversaire qui, sans sa force de conviction et sa ferme volonté de rassemblement, auraient pu partir au combat dans un ordre dispersé voué à une inéluctable défaite.

 

D’ici là, mon cher Scapin, je vous serre dans mes bras et demeure sincèrement

 

Votre

 

François Marie

 


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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 16:56

 

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Mon cher ami,

 

Six ans ! Voilà déjà six longues années que vous égayez mes vieux jours de la lecture de votre gazette qui m’apporte régulièrement des nouvelles de notre cher village en Lyonnais.

 

Pouvons-nous d’ailleurs encore nommer village une agglomération qui se hérisse chaque jour un peu plus de machines de levage et de manutention affectées à la construction de nouveaux hôtels collectifs ? Qui ne progresse pas régresse, me direz-vous ? Certes, mais il semble bien que le prévôt de la cité et ses conseillers aient été pris d’une folie de bâtisseurs démesurée tant par rapport aux réels besoins des villageois que par rapport aux objectifs à long terme des plans de développement établis par le baillage et la sénéchaussée. Cette folie fut d’ailleurs sanctionnée tantôt par un défilé de protestation, jamais vu de mémoire dans ces contrées, d’un millier de citoyens criant leur ire et leur réprobation d’une braderie incohérente des autorisations de construction, et en particulier de l’édification sur la place centrale d’un temple de la culture dont l’utilité à cet endroit apparaît pour le moins douteuse, en tous cas largement contestée.

 

Je mesure avec intérêt que je ne suis pas le seul, beaucoup s’en faut, à consulter avec assiduité vos publications puisque, au cours de ces six années, près de soixante mille personnes m’ont accompagné au jour le jour dans la lecture de votre gazette, goûtant, ou non, plus de cent soixante mille fois la teneur de vos billets dont vous assumez ouvertement la fréquente fourberie.

 

Alors que la prochaine élection des échevins approche à grands pas, j’imagine  aisément que vous vous apprêtez comme vous le fîtes il y a six ans à pimenter de vos piques et sournoises interventions le débat qui s’annonce entre les candidats. A ce propos, vous ne m’entretenez pas des qualités ou défauts que présente à vos yeux ce jeune prétendant dont on me parle et qui ambitionne de succéder dans les fonctions municipales à l’occupant actuel de l’hôtel de ville qui, lui même, sollicite à nouveau les suffrages de nos concitoyens pour un nouveau mandat. Prendrez-vous parti dans cette campagne, vous qui combattez les élus actuels avec une énergie sans faille et sans cesse revigorée ?

 

On me rapporte que Monsieur Menard, quelque peu gêné par la mauvaise image que véhiculent aujourd’hui ses camarades tenants de l’égalitarisme doctrinaire et du nivellement par le bas dont il arborait jadis fièrement l’étendard, réfute désormais ses origines partisanes tout en revendiquant leur soutien associé à celui des crapauds du marais et des illuminés réfractaires à tout progrès, protecteurs obsédés de la faune et de la flore sauvages. Une telle duplicité, digne d’Ignace de Loyola et des plus brillants de ses disciples de la compagnie de Jesus, est une insulte à l’intelligence des électeurs qui ne sauraient se laisser berner par de telles manœuvres.

 

La traditionnelle trêve des confiseurs qui domine chaque année les fêtes de la nativité devrait marquer une dernière pause avant que ne soit lancée la véritable compétition qui verra dans trois mois désigné celui qui guidera pour les six prochaines années les orientations de notre cité. Je compte sur vous pour me narrer les probables péripéties que connaîtra cette période souvent féconde en anecdotes savoureuses.

 

Dans cette attente,

Je vous embrasse et demeure,

Votre

 

François Marie.

 

 

 


 

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 14:44

 

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Mon cher ami,

 

Les derniers frimas de ce damné hiver ne cessent de prolonger leurs effets, ankylosent mes vieux os et m’empêchent de fréter un équipage pour vous rendre en votre cher village de l’ouest lyonnais la courtoise visite qu’onques vous me fîtes au temps de Noël. Croyez bien toutefois que mon amitié vous demeure entièrement acquise et que je vous conserve dans mon cœur un emplacement de choix.

 

Vous m’apprenez que le triste sire que nos concitoyens portèrent jadis au gouvernement de la cité a donné le coup d’envoi du grand chantier qui assurera, n’en doutons pas, sa notoriété pour le siècle à venir. Sera-ce en bien, sera-ce en mal ? Nul aujourd’hui ne le peut savoir. Avant que d’entamer l’édification sur la place centrale du monument dédié à sa gloire et qui abritera aux grands frais des habitants, outre des salles communes de lecture, un grand théâtre destiné à l’animation du centre bourg, notre prince, me dites-vous, livra à titre préparatoire aux démolisseurs avec une particulière célérité la charmante maison qui bordait jadis la place, expulsant ainsi une marchande appréciée de tous les villageois et contraignant son apprentie à la recherche d’un nouvel emploi en une période si peu propice à ce type de démarche.

 

Cette précipitation, assurez-vous, était due aux nouvelles manifestations d’une grogne populaire grandissante qui, à l’appel de plusieurs corporations de villageois, conduisit à l’organisation, il y a un peu plus d’un mois, d’un défilé de protestation d’une ampleur sans précédent dans les rues de la cité. Il fallait donc rendre les choses irréversibles avant que les manants ne se déchaînent. Quel événement ! Jamais l’on ne m’avait encore rapporté une telle explosion de désaveu dans une cité aussi calme que la nôtre ! Considérez-donc : plus d’un habitant sur dix clamant une ferme opposition à la gouvernance  en place !

 

Cela fut, paraît-il, l’occasion de voir paraître de nouvelles figures parmi les meneurs de ce mouvement populaire. L’on vit même un personnage jusqu’alors fort discret prendre la parole et la monopoliser à l’issue du défilé, instrumentalisant à son profit et à celui de ses disciples le travail accompli par d’autres et le succès incontesté de ce rassemblement. L’orateur dispose, dit-on, d’une longue expérience de la chose publique acquise, à la sortie de l’école des grands commis de l’Etat, auprès des plus grands  princes de la capitale du royaume  qui lui permirent au demeurant de garnir considérablement un répertoire d’adresses utiles à toute sollicitation d’intervention. Il use et abuse ainsi de l’aura - réelle ou supposée - qu’il se donne, imposant son discours et anesthésiant de son verbe les esprits humbles et peu habitués à côtoyer  les puissants ou supposés tels, et par là même prompts à se laisser séduire et mener vers des voies stériles. Vous devez, mon cher Scapin, prendre garde et attirer l’attention de ceux de votre entourage qui ambitionnent de proposer l’an prochain une alternative au pouvoir du maître de céans. Qu’ils ne tombent pas sous l’influence d’un tel personnage. La conquête de l’hôtel de ville ne se fera pas par de beaux discours dont l’unique objet est, semble-t-il, de bouter hors nos édiles. Elle ne s’opérera que par un travail de fond d’élaboration d’un programme concret et crédible, présenté avec conviction à nos concitoyens par un meneur reconnu et des disciples motivés. Et ce n’est pas l’entregent d’un beau-parleur l’autorisant à appeler le Prévôt, le Bailli ou le Sénéchal qui emportera la conviction des électeurs.

 

Le temps est court qui nous sépare de la fin de l’été où il faudra partir en pré-campagne. Ne vous fourvoyez pas dans des chemins de traverse qui pourraient vous égarer. Poursuivez votre sillon et  dites à vos amis d’en faire autant. Ainsi vous gagnerez.

 

Saurez-vous écouter les conseils d’un vieillard perclus de rhumatismes mais qui dispose d’une certaine expérience de la vie au contact du pouvoir ?

 

Dans cet espoir, mon cher Scapin, je vous serre dans mes bras et demeure

 

votre

 

François Marie

 

 


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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 14:10

 

 

 

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Mon cher ami,

 

Vous n’êtes pas sans savoir que la maladie me tint tout d’abord alité de longs mois puis cloué sur  une chaise à roulettes les pieds enveloppés dans des linges humides afin d’atténuer la rude et lancinante douleur qu’occasionne cette affection que les gens de médecine nomment la goutte et qui, selon leurs dires, est l’apanage, je dirais plutôt la malédiction, de ceux qui profitent trop bien des choses de la vie et font par trop bombance en agapes et libations.

 

Ne voyez qu’en ces infortunes de santé la cause de mon trop long silence. Je ne vous ai point oublié et, bien au rebours, j’ai amplement profité de mon immobilité forcée pour me repaître de vos savoureux écrits et en apprécier plus que jamais la substantifique moelle. J’ai ainsi pu suivre dans vos colonnes avec le plus grand intérêt les péripéties de la seconde partie du mandat de nos échevins et en particulier de notre bourgmestre qui, pour avoir voulu célébrer la mi-temps de sa mission avec un faste extrême en une séance publique de choquante autocongratulation, n'en découvrit pas moins à cette occasion les prémices d’oppositions à ses actes et projets qui n’allaient pas tarder à  s’étendre, enfler et amplifier venues de moult horizons au point que je devine à la lecture de vos derniers billets que vous nourrissez désormais de secrets et optimistes espoirs de revanche et de reconquête.

 

Il est vrai qu’en ces temps de disette, les folies bâtisseuses du petit prince de l’ouest lyonnais, son projet d’édifier un grand théâtre-bibliothèque démesuré au beau milieu de notre agora alors que les progrès des sciences de la communication en réduisent chaque jour la nécessité, sa volonté de jouer tous les rôles de la cité, y compris celui de maître queux public pour lequel il ne dispose d’aucune compétence particulière, ne sont pas de nature à emporter l’adhésion des villageois qui savent bien qu’ils devront à la parfin combler de leurs propres deniers le manque de finances de la cité.

 

Au surplus, sa nouvelle ambition de se faire coopter sous la bannière des partisans de l’égalitarisme aux états généraux  du royaume avec l’appui des seigneurs du voisinage, au besoin en leur rendant l’hommage lige quelles qu’en soit les funestes conséquences pour notre communauté, et en nouant en secret des liens contre nature avec de sombres gibiers de potence, tel l’organisateur des voiturages de notre grande voisine, prêts à toutes les turpitudes pour nous prendre dans leurs rets et piller nos cassettes est de nature à rendre nos concitoyens pour le moins suspicieux et les engager à mener une réflexion alternative.

 

Le renouvellement des échevins aura lieu dans deux ans. Il convient  désormais de préparer cet événement, d’aiguiser vos discours et de désigner un candidat à la magistrature locale qui emportera l’adhésion d’une majorité de suffrages. Je ne doute pas, mon cher ami, que vous saurez, avec votre entregent et votre habituel brio, mobiliser vos lecteurs et plus largement tous vos amis et relations pour réaliser ce grand dessein.

 

D’ici là, mon cher Scapin, je vous serre dans mes bras et demeure

 

votre

 

François Marie

 

 


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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 17:42

 

 

 

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 Mon cher ami,

 

Eh quoi ! Que vous arrive-t-il ? Il aura donc fallu que j’apprenne l’existence de l’épée de Damoclès suspendue au dessus des têtes chaponoises  par une gazette qui, pour être empreinte d’une rhétorique semblable à celle qui vous inspire habituellement, n’en diffère pas moins, en particulier par le sérieux de sa prose qui s’oppose à l’amusante légèreté de vos fourbes billets !

 

Vous avez beau affirmer à raison qu’en habile gazetier vous aviez dès l’été dernier, et à la mode transalpine, attiré l’attention de vos lecteurs sur le scandale qui se trame au centre de notre village, je n’avais point réalisé qu’un pareil péril nous menaçât à ce point.

 

Ainsi, à l’instar de notre bon Roy François qui, au faîte de sa gloire, n’hésita pas à défigurer la place de la Bastille en y édifiant face à l’aérien génie de la liberté un temple massif, sombre et imposant dédié aux manifestations de l’art lyrique, notre petit Prince de l’ouest lyonnais, non content d’avoir depuis déjà trois années pillé les hauts-de-chausses de nos concitoyens pour rémunérer des officines d’études diverses ou amies, s’apprête à renouveler ses larcins pour subvenir aux dépens du Grand-Œuvre de son règne. Un temple également, dédié à la jeunesse et à la culture me dites-vous, érigé au beau milieu de la place de l’église qui plus est ! Voilà qui risque fort de modifier profondément nos habitudes de vie et la tranquillité de notre cité. 

 

Nous voyons bien là la volonté de nos échevins de bouleverser les fondements de notre communauté en révolutionnant la quiétude de nos villageois. Fini le calme de notre cœur-village,  terminé le silence vespéral de la place ! Place aux concerts des apprentis musiciens, aux éclats de voix et à l’agitation naturelle des jeunes citoyens, place aussi au bruit et à la gène occasionnés par les charrois assurant les approvisionnements du Palais-Menard, autant qu’aux désordres provoqués par le parcage anarchique des coches, fiacres et phaétons des spectateurs de la salle de comédie insuffisamment servis en emplacements réservés.

 

Encore n’est-ce là que la plus visible et audible partie des funestes effets de ce projet démesuré. Il faudra en effet bien plus qu’une taille ou qu’une gabelle pour assurer le bon paiement des compagnons qui bâtiront l’édifice. Le prix de cinq millions d'unités de compte annoncé par notre magistrat relève à l’évidence de la bouffonnerie pour peu qu’on le rapporte à la surface envisagée ! L’ampleur du bâtiment n’a pas été réduite depuis le premier projet chiffré alors à neuf millions, croirez-vous ces balivernes ? Et l’on sait bien que ce genre de programme de dépense publique connaît traditionnellement surcoûts, glissements et dépassements qui conduisent le plus souvent à en augmenter le prix à tout le moins de moitié.

 

Que notre intendant des finances recoure à l’emprunt auprès des banquiers lombards, compromettant ainsi gravement l’avenir de nos enfants et petits enfants, ou qu’il nous mette directement à contribution, l’opération se traduira immanquablement par un alourdissement du fardeau financier qui pèse sur nos épaules depuis l’accession du prince aux ors de l’hôtel de ville.

 

Au surplus, vous soulignez à raison que d’autres lourdes dépenses sont engagées qui amplifieront encore ce phénomène ; ainsi en est-il du bassin des jeux aquatiques que vous qualifiâtes jadis de pataugeoire au coût disproportionné et d’autres projets encore.

 

Je me réjouis, mon cher ami, de vous rejoindre dans quelques jours pour ouïr avec vous les souhaits du prince lors de la traditionnelle cérémonie des vœux de nouvel an. Gageons qu’il ne manquera pas de justifier ses positions, au besoin avec la mauvaise foi dont il sait faire preuve dans la présentation chiffrée de ses folles utopies de bâtisseur.

 

D’ici là, mon cher Scapin, je demeure

 

Votre

 

François Marie

 

 

 

 

 

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 16:12

 

Mon cher ami,

 

De toutes parts me parviennent d'alarmantes nouvelles quant à votre état d’âme et à votre pugnacité dans le combat que vous entamâtes il y a peu contre les échevins de notre village. D’aucuns me rapportent même que votre esprit se trouve contrarié au point de fomenter une sournoise mélancolie qui pourrait être imputée à l’absence de réactions de vos adversaires aux subtiles fourberies que vous avez, comme à votre habitude, l’audace de publier dans les colonnes de votre gazette.

 

Je vous en supplie, ne désarmez pas ! Je ne saurais que vous encourager et vous soutenir dans la poursuite des actions que vous menez depuis maintenant près de deux années. Le fait que vous ne rencontriez plus la moindre contestation  à l’encontre de vos publications de la part des suppôts de la gouvernance en place me semble constituer, bien au rebours de ce que vous semblez croire, le signe de la reddition de vos contempteurs  qui se trouvent désormais à court d’arguments pour vous apporter la contradiction. Je vous en conjure, ne désertez pas le combat que beaucoup, sans oser l’avouer et encore moins le proclamer, rêvent de mener à vos côtés.

 

Qu’importe que vous ne puissiez consulter depuis votre calculateur personnel les comptes-rendus des dernières séances du conseil des échevins, cela ne fait qu’établir que ces derniers d’une part craignent vos analyses de certaines aberrantes délibérations qu’ils avalisent, préférant ainsi les taire, et,  d’autre part et de surcroît, qu’ils n’en sont pas à un parjure près quant aux engagements de transparente information qu’ils prirent autrefois aux fins de réunir un maximum de suffrages pour accéder au pouvoir. Toutes ces promesses se sont envolées, sans doute emportées par les vents du monde.

 

A l’heure où la désignation des délégués aux états généraux de notre vieux continent a tourné à la pantalonnade tant pour les adeptes du conservatisme égalitaire et social que représente notre premier magistrat que pour les tenants du non-choix personnalisé par le petit élu béarnais aux oreilles de souris américaine, soutenu par Monsieur de la Pillardière qui doit s'en trouver fort marri, il convient que vous poursuiviez dans la voie que vous vous êtes tracée tantôt et dans laquelle vous brillez à bon escient.

 

L’on me dit notamment qu’un groupe d’opposants à l’équipe de nos actuels dirigeants serait en cours de formation et se serait réuni récemment pour la première fois avec pour objectif de proposer à nos concitoyens une alternative crédible lors des prochains choix qui seront soumis à leurs suffrages. Je vous engage vivement, mon cher ami, à vous intéresser à cet embryon de stratégie de reconquête et à me tenir informé de l’opinion que vous aurez de la qualité de cette initiative.

 

Comme vous le savez, la fin du printemps et le début de l’été me retiennent dans mon pays genevois, occupé que je suis par les travaux des champs. La fenaison touche à sa fin et cèdera tantôt la place aux moissons qui s’annoncent particulièrement favorables. Dès le grain et la paille rentrés, j’envisage de vous rendre visite afin de vous serrer contre mon cœur.

 

D'ici là, mon cher Scapin, je demeure

 

votre

 

François Marie.

 

 


 

 

 

 

 

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