Décidément, le débarquement des forces de la coalition socialo-modemo-verte sur les plages de Chaponost ne restera pas dans les mémoires comme frappé au coin de la transition tranquille et sereine.
On déplora en effet, dès le déploiement de la première vague, la disparition de l'adjudant Dervaux qui assurait le commandement des troupes municipales avec sérieux et efficacité depuis plusieurs années sous les ordres du précédent chef de section. L'on sait pourtant que la force des armées tient autant, et parfois plus, à la compétence et à la bravoure de leurs sous-officiers qu'à l'expérience souvent insuffisante de leurs jeunes gradés. Notre nouvel officier, tout fier d'arborer ses beaux galons obtenus au tour extérieur du scrutin et loin des théâtres d'opérations, imposa brutalement son autorité et se chargea en personne de procéder à la sélection des nouvelles recrues.
C'est ainsi que Pierre Ménard, que notre ami P.C.C. affubla il y a peu dans nos pages de l'uniforme du lieutenant Miller, nous présenta sur la place d'armes le jeune soldat Rémy qu'il était allé sauver au-delà des lignes ennemies et qui allait révolutionner notre façon de communiquer et de concevoir notre système d'information. Il l'associa même par la suite étroitement à la campagne d'autopromotion qu'il s'offrit dans la presse locale.
Las ! Nous venons d'apprendre avec une infinie tristesse que le soldat Rémy serait depuis tombée au champ d'honneur, faute d'avoir été protégée par une couverture suffisante de son chef de groupe. On murmure même que le projectile qui causa sa perte lui fut tiré dans le dos et que d'autres militaires du rang rasent désormais les murs de la mairie, de peur de prendre une balle perdue.
Le moral des troupes repose avant tout sur la confiance des soldats envers leurs officiers. Commettre une erreur de recrutement est déjà condamnable de la part d'un chef, poursuivre dans une voie de défiance vis-à-vis des services serait une faute grave(1).
(1) Au sens du code du travail, auquel sont en principe très attachés nos amis socialistes, la faute grave constitue une cause réelle et sérieuse de licenciement.
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