Dimanche 2 mars 2008 7 02 /03 /Mars /2008 17:25


Mon cher ami,
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Vous me rapportez que la place du marché avait ce matin de faux airs des congrès que savent organiser nos cousins d’outre Atlantique lorsqu’au sein des conventions de leurs formations partisanes ils désignent dans une atmosphère festive le champion qui défendra leurs couleurs dans l’ultime débat pour l’accession au bâtiment blanc du 1600 de l’avenue de Pennsylvanie. Rien ne manquait paraît-il dans l’organisation de votre cher Jacques, ni le gu
ichet bariolé, ni les baudruches multicolores, ni les friandises généreusement et gracieusement distribuées à qui voulait. Le libertin que je suis ne regrettera que l’absence des jeunes filles à pompons qui égayent souvent, aux Amériques, ce genre de manifestation. L’esprit de convivialité était en outre encore avivé par les joyeux drilles de la corporation des chasseurs qui animaient comme chaque année leur traditionnelle fête du sang de cochon.

Vous avez, me dites-vous, échangé quelques mots avec le candidat de l’utopie et qualifié sa poignée de main de franche et amicale. Il est fort regrettable qu’un homme de sa qualité ne semble pas désireux de s’affranchir des chaînes de l’idéologie égalitariste qui le dessert dans l’esprit de nombre de nos concitoyens appelés à garnir les urnes dimanche prochain.

Vous avez également croisé vos propos avec ceux de votre cher Jacques et des membres de la confrérie qu’il a réunie autour de lui, en particulier du cardinal du Gilbertin qui l’entourera de ses avisés conseils et de l’argentier auvergnat dont l’atavique origine sera, acceptons-en l’augure, le gage d’une sage et rigoureuse gestion de nos deniers. Je vois bien que ces conversations ont achevé de modeler dans votre esprit l’opinion que vous exprimerez bientôt dans l’isoloir.

A la parfin, vous m’avez convaincu. Le temps de clore mes bagues et réunir mon équipage, je délaisserai tantôt mon pays genevois pour joindre notre cher village et y exprimer le même choix que vous pour la prochaine mandature des échevins.

Dans l’attente de la joie de vous serrer contre mon cœur, je demeure pour toujours, mon cher ami,

 
 
Votre.
  
François Marie
   

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