« Asinus asinum fricat » auraient dit nos pères de la Rome antique, « One mule does scrub another » diraient aujourd’hui nos voisins de la perfide Albion à la lecture des éloges adressés vendredi soir au nom du MoDem par François Pillard au candidat socialiste Pierre Ménard
Le verdict du spectrochromatographe électoral chaponois est donc sans appel : la couleur
orange vire au rose dès lors que l’on veut bien lui concéder un semblant d’existence sur la palette politique.
Les échanges d’éloges mutuels excessifs frisent parfois le ridicule notamment lorsqu’ils tentent de justifier un ralliement politique contre nature. Très attaché à la symbolique de l’œuvre théâtrale de son créateur, Scapin invitera monsieur Pillard et ses compères du MoDem à lire, ou relire, le savoureux dialogue que prêta le grand Molière à Trissotin et Vadius dans Les femmes savantes (acte III, scène 3). Les deux derniers échanges de ce dialogue sont en particulier d’une coïncidente actualité en ce jour de scrutin.
Molière – Les
femmes savantes - acte III, scène 3 – Trissotin, Vadius.
Trissotin. — « Vos vers ont des beautés que n'ont point tous les autres.
Vadius. — Les Grâces et Vénus règnent dans tous les vôtres.
Trissotin. — Vous avez le tour libre, et le beau choix des mots.
Vadius. — On voit partout chez vous l'ithos et le pathos.
Trissotin. — Nous avons vu de vous des églogues d'un style
Qui passe en doux attraits Théocrite et Virgile.
Vadius. — Vos odes ont un air noble, galant et doux,
Qui laisse de bien loin votre Horace après vous.
Trissotin. — Est-il rien d'amoureux comme vos chansonnettes ?
Vadius. — Peut-on rien voir d'égal aux sonnets que vous faites ?
Trissotin. — Rien qui soit plus charmant que vos petits rondeaux ?
Vadius. — Rien de si plein d'esprit que tous vos madrigaux ?
Trissotin. — Aux ballades surtout vous êtes admirable.
Vadius. — Et dans vos bouts-rimés je vous trouve admirable.
Trissotin. — Si la France pouvait connaître votre prix...
Vadius. — Si le siècle rendait justice aux beaux esprits...
Trissotin. — En carrosse doré vous iriez par les rues.
Vadius. — On verrait le public vous dresser des statues. »
que je n’ai rien manqué d’intéressant en n’assistant pas au pugilat concocté par la MJC et le Centre Social, tous deux associations politiquement neutres comme de bien entendu. Si je devais en croire mes
lecteurs, la claque était organisée de mains de maître comme aux plus beaux jours de la place rouge de Moscou avant 1989 ou du Reichsparteitagsgelände de
Nuremberg dans les années 30.
vouloir terrasser un ennemi, on se doit de respecter un adversaire. Aussi, je veux
considérer, avec naïveté sans doute, que les noms d’oiseau et les excès dénoncés sur ce site ne provenaient pas d’honnêtes militants de la cause Ménard mais plutôt de stupides nervis incontrôlés par d’apprentis sorciers et ignorants des nuances du vocabulaire. J’en veux tout aussi naïvement pour
preuves les saines réactions à cet égard des Sylvestre, instituteur et autre vieil observateur.
Alors que, cette semaine, Jacques Gouttebarge nous donne une leçon de
marketing électoral en publiant

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